
Zara croit en l’occulte parce qu’elle n’a pas le choix : sa soeur est morte, assassinée, et Zara s’est juré de la ramener à la vie. Jude, elle, a joué avec la magie… et elle a perdu. Son âme et son corps sont gangrénés par un démon, qui la ronge de l’intérieur et lui inflige d’atroces souffrances. Toutes deux ont besoin d’une sorscelleuse. Elles se mettent donc en quête d’Emer, une puissante sorcière qui aide les femmes victimes de violences. Quand un tueur en série s’attaque aux clientes d’Emer, les trois jeunes femmes s’allient. Pour traquer le meurtrier avant d’en devenir la proie.

Un thriller horrifique et magique que j’ai adoré !
Ce livre est très sombre : magie, nécromancie, sorcellerie, démons et possessions sont au cœur du récit et ont y retrouve des descriptions très réalistes et dégoûtantes… Plaît qui suinte, cadavre en décomposition, miasme, pourriture, os qui se brise… ne sont que quelques exemples. Mais ses descriptions très précises apportent une poésie macabre à l’œuvre que j’ai beaucoup apprécié, loin des stéréotypes de la belle « magie » ou « sorcellerie », ici l’obtention du pouvoir coûte cher.
C’est d’ailleurs l’idée centrale du roman qui se veut foncièrement féminisme. En dénonçant la misogynie, les violences faites aux femmes et le patriarcat. Mixer ses deux éléments fonctionne très bien, car le mythe de la sorcière a été repris comme outils d’émancipation de la femme des années.
J’ai adoré l’histoire et la plume de l’autrice, jusqu’à la dernière ligne. Même le final ne m’a pas déçu (ce qui est rare !). Un roman pas comme les autres !
Trigger Warning : violence physique / violence psychologique / meurtre / cadavre…
Représentativité ? : pp lesbienne
Public averti
Citations
- Les hommes brûlaient les femmes comme elle.
- Elles étaient entières, complexes, énergiques. Elles ne méritaient pas de mourir pour un fragment de leur identité.
- Même le diable ne fait pas confiance aux hommes pour honorer un marché, donc il ne traite pas avec eux. Il ne confère des pouvoirs qu’aux femmes.
- Même des gens qui vous font du mal peuvent vous manquer.
- Parce que devenir l’héroïne de sa propre histoire n’est pas forcément synonyme de happy end.
- Elles veulent du pouvoir. Elles sont furieuses. Elles sont prêtes à se consumer pour exercer ce qu’elles n’ont jamais connu.
- Une femme qui a peur ne se servirait pas de son nouveau pouvoir pour attenter à la vie d’autres femmes qui ont peur.
- J’ai toujours considéré la sorcellerie comme un pouvoir d’émancipation féministe.
- C’est facile pour vous de dire ça. Le pouvoir vous appartient déjà.
- Nous ne serons plus chassées.
- Ce n’est pas juste pour toi. Mais pour nous toutes. Pour elles, aussi. Les femmes qu’il a tuées.
- Un homme qui avait tout : l’argent, la santé, l’accès à l’éducation. Mais ça ne lui suffisait pas. Il éprouvait quand même un sentiment d’injustice. Il fallait quand même qu’il accapare plus de pouvoir.
- C’est difficile de mourir, même si ça fait partie du plan.
Informations
Les invocations de Krystal Sutherland chez Rageot – 512 pages – 18.50€ – Australie – livre emprunté et lu pour le comité d’acquisition jeunesse de mon travail
